à propos de l’artiste

Lobby of penthouse floor, Wisma R&D, University of Malaya, Kuala Lumpur
Lobby of Penthouse Floor, Wisma R&D, University of Malaya, Kuala Lumpur, Malaysia

Au début des années 90, à Paris où il faisait ses études, Soh Boon Kiong rencontre Nishitani Ikuko, une artiste en voyage qui était elle-même diplômée en stylisme de l’Université de Seika à Kyoto au Japon. Ils se marient, s’installent à Amagasaki et ont deux enfants.

Aujourd’hui, Soh Boon Kiong a fait d’Amagasaki sa seconde ville natale. Il possède un atelier au Japon et en Malaisie. Il est le premier artiste d’origine chinoise à obtenir une résidence d’artiste à l’Université Nationale de Malaisie entre 2010 et 2014, depuis l’Indépendance de la Malaisie il y a 58 ans, ce qui lui confère une renommée certaine dans les milieux artistiques malaisiens.

Amagasaki est aussi la ville natale de Kazuo Shiraga, une des principales figures du mouvement d’avant-garde «Gutai». La vie semble y flotter comme dans l’œuvre de l’artiste et les fantômes de l’époque du mouvement y errent, dans les villes de Nishinomiya et Ashiya proches de l’atelier de Soh Boon Kiong.

Les peintres sont tous sensibles à la lumière et aux couleurs. Mais la France, la Malaisie et le Japon ont permis à Soh Boon Kiong de développer une perception toute différente. Une forme de «métissage» de la spiritualité qui pourrait également se définir comme une «mixtion» culturelle.

Chaque matin, après avoir préparé son petit-déjeuner, Soh Boon Kiong s’isole au grenier où il contemple le travail inachevé de la veille et s’interroge sur la manière d’y donne suite. Son atelier est calme. A travers la lucarne, on aperçoit le ciel et les nuages. Lorsqu’elle vient éclairer la terre, la lumière japonaise a des tonalités qu’on ne retrouve pas ailleurs. Contempler chaque jour ce ciel d’une beauté noble est semblable à apercevoir l’espoir. On ressent une joie indicible. Il s’ensuit un profond sentiment de respect et ce moment se reflète alors naturellement dans chacune de ses peintures.

Soh Boon Kiong parle chinois, anglais, français, malais et japonais. Sa vision du monde est le fruit d’un mélange des cultures orientales et occidentales. On retrouve dans son travail l’influence chinoise et japonaise véhiculée par l’approche antique des paysages de montagne et rivières, mais aussi l’influence française liée à l’impression laissée par la couleur. Son travail s’apprécie comme un paysage de la dynastie Song, l’esthétisme japonais, le baroque, la calligraphie chinoise et les sonates de Chopin. Amateur du jeu d’échecs, Soh Boon Kiong soumet souvent son approche créative à une réflexion et un agencement rigoureux. Il s’empare des montagnes, du vent, de la mer et de la lune qu’il jette sur la toile dans un mouvement de la pensée guidé par son inspiration capricieuse, le trait allant au trait, s’arrêtant là où il se doit de poursuivre.